Unités & conversions

kVA, kW, kWh : trois unités, trois choses différentes.

Le kVA mesure une capacité, le kW une puissance réellement utilisée, le kWh une quantité d'énergie consommée. Les trois figurent sur une facture d'électricité professionnelle, à des endroits différents et pour des raisons différentes. Voici comment les lire, et un convertisseur pour passer de l'une à l'autre.

Ce que mesure réellement chaque unité

Ces quatre unités ne décrivent pas la même grandeur. Deux mesurent une puissance, relevée à un instant donné. Deux mesurent une énergie, cumulée sur une durée. C'est cette distinction qui explique la plupart des malentendus sur une facture.

Unité Ce qu'elle mesure Relation Où vous la voyez
kVA La puissance apparente : le produit de la tension par l'intensité, sans tenir compte du déphasage S = U × I
(× √3 en triphasé)
Puissance souscrite au contrat
kW La puissance active : la part réellement convertie en chaleur, en mouvement, en lumière P = S × cos φ Courbe de charge, plaques des équipements
kWh L'énergie : une puissance maintenue pendant une durée E = P × t Index de consommation, lignes facturées
MWh La même grandeur que le kWh, exprimée à l'échelle du mégawattheure 1 MWh = 1 000 kWh Cotations et propositions commerciales (€/MWh)
Les puissances se mesurent à un instant donné ; les énergies se cumulent sur une période.

kW et kWh : la confusion la plus fréquente

Le kW exprime un taux instantané, le kWh une quantité accumulée. Un appareil de 2 kW qui fonctionne trois heures consomme 6 kWh ; le même appareil, utilisé une demi-heure, en consomme 1. La puissance seule ne dit rien de ce que vous paierez : c'est la durée d'utilisation qui fait la facture.

Énergie (kWh) = Puissance (kW) × Durée (h)

kVA et kW : le facteur de puissance

Le passage des kVA aux kW dépend du cos φ, ou facteur de puissance. Il vaut 1 pour une charge purement résistive — chauffage, eau chaude, éclairage classique — et diminue dès qu'interviennent des moteurs, des transformateurs ou beaucoup d'électronique. Le TURPE retient d'ailleurs une valeur de référence : sur un raccordement en basse tension au-delà de 36 kVA, la puissance souscrite active est égale à la puissance souscrite apparente multipliée par 0,93.

Puissance active (kW) = Puissance apparente (kVA) × cos φ

C'est pourquoi une puissance souscrite de 36 kVA ne met pas 36 kW à votre disposition, mais environ 33,5 kW avec la convention de 0,93 retenue par le TURPE. L'écart paraît faible ; il devient significatif sur les puissances élevées.

Tableau de conversion kVA → kW

Les puissances ci-dessous sont celles proposées en standard sur un compteur C5 (jusqu'à 36 kVA). La colonne à retenir dépend de la nature de vos équipements.

Puissance souscrite cos φ = 1
charge résistive
cos φ = 0,95
faiblement inductif
cos φ = 0,93
convention TURPE
cos φ = 0,80
fortement inductif
3 kVA3 kW2,85 kW2,79 kW2,4 kW
6 kVA6 kW5,7 kW5,58 kW4,8 kW
9 kVA9 kW8,55 kW8,37 kW7,2 kW
12 kVA12 kW11,4 kW11,16 kW9,6 kW
15 kVA15 kW14,25 kW13,95 kW12 kW
18 kVA18 kW17,1 kW16,74 kW14,4 kW
24 kVA24 kW22,8 kW22,32 kW19,2 kW
30 kVA30 kW28,5 kW27,9 kW24 kW
36 kVA36 kW34,2 kW33,48 kW28,8 kW
Puissance active disponible, en kW, pour une puissance souscrite donnée, selon le facteur de puissance de l'installation.

Le convertisseur

Modifiez n'importe quelle valeur : les autres se recalculent. Les décimales s'écrivent indifféremment avec une virgule ou un point.

1

Puissance : kVA ↔ kW

kVA
kW
cos φ

0,93 est la valeur retenue par le TURPE pour les raccordements en basse tension au-delà de 36 kVA. Une charge purement résistive vaut 1 ; un site fortement motorisé descend plus bas.

2

Énergie : kWh ↔ MWh

kWh
MWh

1 MWh = 1 000 kWh. C'est l'unité dans laquelle une consommation annuelle d'entreprise est habituellement annoncée.

3

Prix : €/MWh ↔ c€/kWh

€/MWh
c€/kWh
Soit, en euros par kWh0,095 €

Comparez toujours deux prix qui couvrent le même périmètre : un prix de fourniture seule n'est pas un prix tout compris.

4

Puissance × durée = énergie

kW
heures
Énergie consommée6 kWh

Le calcul qui transforme une puissance en ligne de facture. C'est la durée, pas la puissance, qui fait le montant.

Où ces unités apparaissent sur une facture professionnelle

Une facture d'électricité professionnelle mélange les quatre unités sans jamais expliquer laquelle sert à quoi. Voici les quatre endroits où elles se trouvent.

  • La puissance souscrite, en kVA. C'est le calibre retenu au contrat. Elle détermine une partie du TURPE — le coût d'utilisation du réseau — qui se paie que la puissance soit utilisée ou non. Elle définit aussi le segment de votre compteur : C5 pour un raccordement en basse tension jusqu'à 36 kVA — la très grande majorité des TPE et PME —, C4 pour un raccordement en basse tension au-delà de 36 kVA, sachant que le raccordement en basse tension est plafonné à 250 kVA, et C1 à C3 pour les sites raccordés en haute tension.
  • La consommation, en kWh. C'est le relevé de vos index. Sur un compteur C4, elle n'apparaît pas en un seul bloc mais répartie entre quatre classes temporelles, chacune à son propre prix. Le TURPE les nomme heures pleines et heures creuses de saison haute (HPH, HCH), qui court de novembre à mars, et de saison basse (HPB, HCB), d'avril à octobre. Les cotations des fournisseurs désignent souvent les mêmes périodes par « hiver » et « été ».
  • Le prix, en €/MWh ou en centimes d'euro par kWh. Les propositions commerciales retiennent le premier format, les factures le second. Ce sont les mêmes prix à un facteur 1 000 près.
  • Les dépassements de puissance. Lorsque la puissance réellement appelée franchit la puissance souscrite, le dépassement est facturé. En basse tension au-delà de 36 kVA, il coûte 12,79 € par heure de dépassement et par classe temporelle. C'est le prix d'une souscription sous-calibrée.

Pourquoi les prix se cotent en €/MWh

Les prix de l'électricité s'établissent en euros par mégawattheure, et les offres transmises aux entreprises reprennent naturellement cette unité. Votre facture, elle, reste en kWh. D'où un aller-retour permanent entre les deux unités, et un facteur 1 000 à appliquer avant toute comparaison.

95 €/MWh = 0,095 €/kWh = 9,5 c€/kWh

Ramener les deux offres à la même unité est une condition nécessaire pour les comparer — ce n'est pas une condition suffisante. Le piège réel n'est pas l'unité, c'est le périmètre : un prix de fourniture ne couvre que l'électricité elle-même, tandis qu'un prix « tout compris » y ajoute l'acheminement et les taxes. Deux nombres exprimés dans la même unité peuvent parfaitement mesurer deux choses différentes.

Le réflexe à garder : avant de comparer deux prix, vérifiez l'unité, puis vérifiez ce que chaque prix contient. Une offre annoncée moins chère au kWh peut coûter davantage une fois l'acheminement et les taxes rétablis.

Et le kVAr, dans tout ça ?

Si le cos φ vaut rarement 1, c'est qu'une partie du courant appelé ne produit aucun travail utile. Elle sert à magnétiser les moteurs et les transformateurs, circule sur le réseau, puis y retourne. Cette part porte un nom et une unité à elle : la puissance réactive, en kVAr.

Les trois puissances sont liées : la puissance apparente en kVA est la combinaison de la puissance active en kW, qui travaille, et de la puissance réactive en kVAr, qui ne travaille pas.

kVA² = kW² + kVAr²

Cette énergie réactive a longtemps été facturée à tous les professionnels dépassant 36 kVA. Ce n'est plus le cas. Depuis le 1er août 2025, le TURPE 7 ne facture plus l'énergie réactive en basse tension : seuls les sites raccordés en haute tension — les segments C1 à C3 — y restent soumis. Si vous êtes en C5 ou en C4, cette ligne ne vous concerne donc plus, et une facture qui la porterait encore mérite une question à votre fournisseur.

Le seuil, lui, n'a pas bougé : pour les sites concernés, la facturation porte sur la part qui dépasse 40 % de l'énergie active consommée — un tan φ de 0,4, soit un cos φ d'environ 0,93 — pendant les heures de pointe et les heures pleines de saison haute, de novembre à mars. La correction passe par des batteries de condensateurs, qui fournissent le réactif sur place au lieu de le tirer du réseau.

Trois erreurs qui se paient

  • Comparer sans convertir, ou convertir sans vérifier le périmètre. C'est l'erreur la plus courante, et la plus facile à éviter : une seule unité, un seul périmètre, puis la comparaison.
  • Souscrire une puissance « par sécurité ». Chaque kVA souscrit se paie toute l'année, utilisé ou non. Au barème en vigueur au 1er août 2026, la puissance souscrite en basse tension au-delà de 36 kVA est facturée 18,15 €/kVA/an en option Courte Utilisation et 31,08 €/kVA/an en Longue Utilisation. Ramener une souscription de 180 à 110 kVA, soit 70 kVA de trop, économise donc entre 1 270 € et 2 176 € par an sur cette seule composante. La méthode consiste à confronter la puissance souscrite à la courbe de charge réelle, sur douze mois pour capter les pics saisonniers.
  • Dimensionner un équipement sur sa puissance sans regarder ses heures de fonctionnement. Une machine de 15 kW utilisée deux heures par jour consomme moins qu'une machine de 3 kW qui tourne en continu.

Le calibrage de la puissance souscrite et la lecture ligne à ligne d'une facture sont détaillés dans notre page comprendre sa facture d'électricité professionnelle.

Questions fréquentes

1

1 kVA, c'est combien de kW ?

Le passage des kVA aux kW se fait avec le facteur de puissance : P (kW) = S (kVA) × cos φ. Le TURPE retient une valeur de référence de 0,93 pour les raccordements en basse tension au-delà de 36 kVA : une puissance souscrite apparente de 36 kVA correspond alors à environ 33,5 kW. Quand la charge est purement résistive, le cos φ vaut 1 et 1 kVA équivaut à 1 kW.

2

Quelle est la différence entre le kW et le kWh ?

Le kW est une puissance, relevée à un instant donné. Le kWh est une énergie, c'est-à-dire une quantité accumulée. Un appareil de 2 kW qui fonctionne pendant 3 heures consomme 6 kWh. C'est le kWh qui est compté par votre compteur et facturé.

3

Comment convertir des MWh en kWh ?

Un mégawattheure vaut 1 000 kilowattheures. On multiplie donc les MWh par 1 000 pour obtenir des kWh, et on divise les kWh par 1 000 pour obtenir des MWh. Une consommation annuelle de 180 000 kWh s'écrit 180 MWh.

4

Pourquoi les offres sont-elles en €/MWh alors que ma facture est en kWh ?

Les prix de l'électricité se cotent en euros par mégawattheure, et les propositions commerciales reprennent cette unité. Les factures, elles, restent en kWh ou en centimes d'euro par kWh. Un prix de 95 €/MWh correspond à 0,095 €/kWh, soit 9,5 c€/kWh.

5

L'énergie réactive est-elle encore facturée aux professionnels ?

Plus en basse tension. Depuis le 1er août 2025, le TURPE 7 ne facture plus l'énergie réactive aux sites raccordés en basse tension, ce qui couvre les segments C5 et C4. Seuls les sites raccordés en haute tension, les segments C1 à C3, restent concernés, sur la part qui dépasse 40 % de l'énergie active consommée pendant les heures de pointe et les heures pleines de saison haute, de novembre à mars.

6

Comment savoir si ma puissance souscrite en kVA est bien calibrée ?

En comparant la puissance souscrite inscrite au contrat à la puissance réellement appelée, relevée sur votre courbe de charge, idéalement sur douze mois pour capter les pics saisonniers. Une puissance trop haute se paie chaque mois via le TURPE sans rien apporter ; une puissance trop basse expose à des dépassements facturés.

Sources des règles et des montants cités sur cette page : barème TURPE 7 HTA-BT publié par Enedis, en vigueur au 1er août 2026, et règles de raccordement au réseau public de distribution d'électricité. Page vérifiée le 24 août 2026.

Et votre contrat, il vaut quoi ?

Maintenant que les unités sont claires, la question suivante est celle du prix que vous payez réellement. Le LibertiScore situe votre contrat d'électricité professionnel face aux références du marché, en quelques minutes.

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